Les zombies de Basse Plaisance

La Basse Plaisance est une partie de la population qu’on peut amalgamer à une région géographique exclue des réflexions sur soi. En bref, on assimile la majorité des gens à la Basse Plaisance tant qu’ils ne sortent pas de leur quotidien et de leur rythme de vie conditionné par l’argent.

Par exemple, la Basse Plaisance est caractérisée par des loisirs chers et artificiels, des discussions sur l’actualité, le temps qu’il fait, la mode, la beauté extérieure.

On oppose la Basse Plaisance à la Haute Plaisance qui représente l’ensemble des relations vraies et vouées au développement personnel et collectif.

Les Zombies sont les habitants de la Basse Plaisance et les propagateurs de son esprit. Le titre présenté est donc un pléonasme.

Niveau de conversation

Le niveau de conversation est le moyen de distinguer si l’on est en présence de la Haute ou de la Basse Plaisance.

Des conversations centrées sur la mode, le temps qu’il fait ont un niveau négatif.

Au contraire, l’expression d’un sentiment vrai, l’échange de ressentis propres à soi même, le rire spontané, la révélation d’une haine sont tous des facteurs d’élévation de niveau vers des sommets supérieurs.

Mise en situation dans un bar

Un soir, un bar, des bières, des paroles mises en bières.

Une table, des râles, des sourires forcés, des rires déformés.

Des blancs en série, des regards perdus dans l’infini.

On ne sait pas quoi se dire, alors on le dit, c’est la norme. La boisson délie la langue mais ne développe pas l’intelligence. On reste toujours dans les bas-fonds de la conversation. Le niveau zéro est à peine atteint quand on parle d’un sentiment, d’une émotion furtive.

Heureusement, la distraction suit toujours. Tout est matière à se divertir : une maladresse du serveur, une jupe un peu trop courte, un joli minois et j’en passe.

Les débats de la Basse Plaisance

Place aux débats ! On hésite entre les soldes et les demi tarifs, la mode et la beauté actuelle, les petites performances des autres aux grandes compétitions réussies par soi même.

On se vante, on se montre, on a réalisé la meilleure affaire avec notre porte monnaie qui déborde et qui se vide trop vite quand vient l’instant fatidique de la communion par la plainte.

Nous avons tous notre malheur à conter, notre soucis, notre détresse insurmontable qui sera oublié le lendemain.

La créativité du désespoir, la contemplation de son moi intérieur qui ne peut qu’aller mal, c’est le principe. L’homme et la femme sont nés dans la douleur et la vie n’est là que pour nous le rappeller quotidiennement : une cuite, un mal de tête, tout s’enchaîne logiquement.

On est vaincu avant de commencer à se battre

Puis on relativise – le pouvoir éthylique – pour se moquer, se raconter la dernière hécatombe qui a beau tuer, elle ne décime pas assez de monde à notre goût. L’empathie, la fausse solidarité, les (trop) bons-sentiments.

L’heure du départ

Quand va t-on se quitter ? C’est la question qui circule dans les yeux de chacun.

Les uns, ça leur fait peur de retrouver leur solitude, leur néant neuronal, leurs pensées qui farfouillent désespérement pour trouver de l’intérêt à leur réflexion.

Les autres, ça les embète d’y penser, de songer à atteindre leur lit avant de s’étaler dessus.

Et puis il y a ceux qui ne veulent pas, qui font traîner sans pour autant intéresser, c’est eux la bouillie polymorphe de la pensée humaine personnifiée.

Juste des aspirateurs chronophages, double sacs poussières de conneries avec option ventilation synaptique. Un trajet sans départ avec que des pauses pipi.

Des consommateurs ?

Oui, mais surtout : des zombies de l’inutile Basse Plaisance.